Un groupe de santé privé au service du public
On parle du groupe Vitalia dans le cahier spécial santé du Monde. Je vous laisse découvrir l’interview que j’ai donnée à Fanny Bijaoui.
Avec près de cinquante cliniques, Vitalia est le deuxième groupe privé d’hospitalisation en France. Comment s’est il imposé, après seulement quatre années d’existence ? Grâce à une organisation originale fondée sur la mise en commun des expériences et des moyens. Décryptage avec le Dr Christian Le Dorze, son président.
Quelle est la singularité de Vitalia ?
Sans nul doute son fonctionnement en réseau ! Cela semble banal, mais pour beaucoup, un établissement de soins est une sorte de forteresse. Le contraire d’un lieu d’excellence ouvert sur les bonnes pratiques des autres. Chez Vitalia, nous avons créé des passerelles entre nos cliniques de proximité, réparties sur l’ensemble du territoire, et nos pôles d’excellence qui sont des acteurs majeurs de la santé dans leurs régions. Aujourd’hui cette culture du maillage est inscrite dans l’ADN du groupe. Par exemple, nous entretenons une relation très forte avec les structures d’amont et de premier diagnostic comme la médecine de ville, ou avec les structures de prise en charge qui suivent l’hospitalisation comme les centres de soins de suite et de réadaptation fonctionnelle. Ca c’est un crédo très fort chez Vitalia. Nous sommes également des partisans convaincus des partenariats public-privé. Car sur le terrain, la mutualisation des ressources humaines, des équipes médicales et soignantes ainsi que la mise en commun des ressources techniques et des services sont des obligations qui doivent transcender tous les clivages idéologiques et corporatistes. Dans certains endroits cette mutualisation est même une nécessité de survie.
Et la qualité des soins ?
C’est un autre sujet central chez nous. Bien entendu, comme la plupart des acteurs de la santé, nous militons pour garantir l’accès aux soins à tous. Mais nous allons plus loin dans nos ambitions : nous voulons que cha- que patient puisse bénéficier de l’innovation thérapeutique. Et le dispositif que je viens de vous décrire permet cela : nous avons des établissements dans de grandes capitales régionales et dans des villes moyennes. La mise en place de structures de soins corrélées, mutualisées, permet de développer des pôles de haut niveau et de gommer bien des différences ! Il est clair que certains bassins de populations accèdent ainsi à des soins de haut niveau.
Comment le groupe Vitalia appréhen- de-t-il le problème de la démographie médicale ?
Nous menons une politique très volontariste de recrutement médical. Nous sommes le seul groupe à avoir mis en place un portail sur Internet qui s’adresse aux médecins français et étrangers (www.professionmédecin.fr). Notre idée était simple : avant de faire venir les praticiens dans nos cliniques, il fallait d’abord échanger, apprendre à mieux se connaitre. C’est un vrai succès puisque ce site a en- registré plus de 100 000 passages en deux ans. Grâce à cette approche proactive, nous avons ainsi recruté 132 médecins et chirurgiens l’année dernière. Et puis il y a notre Contrat d’Engagement de Service Privé (CESP). Je dois reconnaître qu’il fonctionne au-delà de nos espérances (voir l’encadré). Il faut dire que les jeunes internes et les chefs de clinique savent que la place du praticien est très importante chez Vitalia. A plusieurs reprises j’ai affirmé (et je me sens parfois bien seul…) qu’il était essentiel de renforcer le rôle de la Commission médicale d’établissement (CME) dans les cliniques.
Vitalia a plus de 7200 salariés et collaborateurs…
Oui, ils sont l’autre maillon de notre réussite. Pour eux, nous avons créé à Montluçon, le mois dernier, la première Université Vitalia des métiers de la santé. Je peux vous annoncer à cette heure que nous avons décidé d’ouvrir quatre autres Universités en 2011. J’espère qu’un jour, nous y formerons aussi les salariés d’autres établissements privés et pourquoi pas public… Et puis il y a aussi les«outils»de Vitalia : nos cliniques doivent être modernes, les plateaux techniques et les blocs opératoires doivent être de haut niveau, l’organisation des soins et des services doit être irréprochable. Depuis sa création, Vitalia a consacré la totalité de ses ressources dans la modernisation de ses cliniques sans aucune distribution de dividendes pour son actionnaire. En trois ans, nous avons investi plus de 129 millions d’euros dans nos plateaux techniques, équipements médicaux et structures d’hôtellerie. A notre niveau, c’est une somme colossale. J’avoue que j’en suis assez fier car cela démontre une chose à laquelle je crois depuis toujours : le privé sait se soucier d’intérêt général.
La transparence des prix reste-elle l’une de vos priorités ?
Il faut être transparent vis-à-vis des patients et des tutelles. Dès notre création, nous avons communiqué l’ensemble des prix des prestations de nos cliniques. Soyons concrets : par exemple, le prix de la chambre individuelle, des boissons, du café, de la location de télévision… sont accessibles sur internet. Nous fai- sons aussi acte de transparence sur nos coûts auprès des Tutelles : masse salariale, immobilier, équipements… Ceux-ci constituent d’ailleurs un des éléments de la fixation de nos tarifs. Enfin nous expérimentons en ce moment, dans quatre cliniques Vitalia, un nouveau service informatique : avant même leur hospitalisation, les patients pourront calculer et ainsi connaître leur restant à charge sur le site Internet de la clinique où ils doivent se rendre. Ce service sera déployé d’ici quatre à six semaines. Là encore, il me semble que nous flirtons avec la notion d’intérêt général, non ?
Propos recueillis par Fanny Bijaoui
Les chiffres clés de Vitalia
• 46 établissements en France
• Plus de 2 200 médecins libéraux
• 7 200 collaborateurs
• 550 000 nouveaux patients sont accueillis chaque année
• 200 000 interventions en ambulatoire par an
• 5 600 lits et places
• 650 millions d’euros de chiffre d’affaires
